Un visage peint
Il me regarde
Je me suis vu.
Musée Granet, Aix-en-Provence.
Un visage peint
Il me regarde
Je me suis vu.
Musée Granet, Aix-en-Provence.
Sous les arches réfléchies
Des sumotoris sous-verre
Jambes écartées
En phase d’observation.
Place des Vosges, Paris
Détourner le regard des écrans
De toutes ces choses que l’on ne veut plus voir
Mais les tenir encore dans ses mains.
TGV, entre Valence et Paris.
Liège.
Outremeuse.
Franchir les grilles de la cage aux lions et pénétrer en Roture.
La brique, les pavés mouillés, la nuit dans le caniveau.
Ambiance fantasmagorique d’un quartier populaire, populeux jadis.
Marmaille crottée, filles faciles, femmes s’invectivant, hommes imbibés de peket jouant aux dés hantent la ruelle silencieuse.
Décors de théâtre ouvrier. Celui de Léopold Leloup agitant ses Tchantchés.
Atmosphère Simenon.
Sensation de drame imminent, de pesanteur, de mystère, d’étouffement.
L’ombre de Maigret et du pendu de Saint-Pholien.
Rue Roture.
Entre Ourthe et Meuse.
Entre cour des miracles et miracle en cours.
Le doute.
Cathédrale Saint-Jérôme, Dignes-les-bains.
Ne pas photographier l’espace dans lequel nous évoluons. Mais son reflet.
Cet autre espace auquel nous n’appartenons pas.
Là où les ponts paraissent des tunnels joignant le visible au reflété.
Vue sur le pont neuf, Alençon
Que voit le photographe pendant le centième de seconde de la prise ?
Un reflet dans le rétroviseur.
La photographie montre un homme assis tenant un parapluie rouge.
Promenade des anglais, Nice.
L’averse à peine passée, l’homme est apparu.
Le regard face à la mer, les mains dans le dos.
Il est resté longtemps ainsi. Immobile.
Une solitude peuplée de présences.
L’éternité d’un instant.
Les paradoxes philosophiques de la contemplation.
Quai des Etats Unis, Nice.
La ville, la rue, un train, les quais de gare. Le quotidien.
Des lignes, des courbes, des ombres.
Des fenêtres, des reflets, le mouvement.
Ce court métrage de Carson Davidson est une inspiration permanente.
Third Avenue El - Carson Davidson, 1955. Manhattan, New York.
Source : youtube.com
Prendre possession d’une chambre d’hôtel.
Prendre l’habitude d’ouvrir la fenêtre.
Vidanger l’espace de ces inconnus qui m’ont précédé.
Jeter un regard sur ce lit.
Et d’un regard, jeter par la fenêtre tout ce que l’on devine sans rien savoir.
Une chambre d’Hôtel. Caluire et Cuire, Rhône.
Les wagons vides sont peuplés de souvenirs fantômes.
Le puy de Dôme.
La photographie n’est pas une fenêtre qui donne à voir l’extérieur, mais un miroir pour y voir son propre reflet, sa propre image.
La promenade des anglais, Nice.
Une photographie est un secret sur un secret. Plus elle vous en dit, moins vous en savez
Diane Arbus, Artforum mai 1971
Design parade, Villa Noailles, Hyères.
Bleu tache. Premier stylo à encre et magie du stylo effaceur.
Bleu au genou. Mercure au chrome.
Bleu étincelant. La fille à la combinaison de gymnastique. Elle ne l’a jamais su.
Bleu orange. Entre Hergé et Eluard.
Bleu métal. Inscription chromée ”Mobylette”. Premières évasions.
Bleu cristal. Ciel d’été au Valgaudemar.
Bleu tout court. Pour toute les premières fois. Faire et se faire avoir.
Bleu pétrole. “Je t’ai manqué ? pourquoi tu me disais ?” Bashung
Les maux bleus. La voix de Christophe. La mélancolie et les sentiments me perdront.
Columbus circle, New York
Selvogsviti/Ieva (by Lighthouse Keeperess)
Passage to Budapest
by Manuel Mira Godinho
Union